dimanche 12 juin 2011

La scène hexagonale électrise la Gaîte Lyrique



Note globale de la soirée : 5/5

Commentaire :
Dans une Gaîté Lyrique où le public parisien commence déjà à prendre ses marques, trois des noms les plus prometteurs de la scène française actuelle s’étaient donnés rendez-vous samedi dans ce qui pourrait être présenté comme un colloque sur les évolutions à attendre de la musique électronique dans les prochains mois.
Dans le rôle de l'avocat de l'électro sans fioriture, Acid Washed. Claviers et Mac de rigueur, pas de basse ni même de micro, les parisiens sortent leur répertoire basé sur des rythmes "disco" dynamiques couplés à des sons bien plus lourds lâchés à un rythme beaucoup plus lent. Le résultat est emballant malgré un manque flagrant d'originalité.
Adam Kesher défendait les couleurs de l'électro-pop. Quelques mois après la "release-party" de son album sur l’exiguë scène du Social Club, les bordelais ont semblé apprécier de jouer dans un espace plus grand. Pour l'occasion, ils ont adapté leur registre et proposé une version beaucoup moins punk de la plupart de leurs titres. Un très bon nouveau morceau fera oublier la déception d'un « Gravy Train » à l’interprétation très fade.
Réconciliateur des deux genres, Yuksek fait son entrée. Depuis plusieurs semaines, il avait prévenu qu'il avait composé Living on the Edge of Time avec l'objectif de pouvoir le faire vivre sur scène. Dès l'installation du matériel, on ressent une forte volonté d'humaniser la performance : les instruments et claviers ainsi que la batterie sont alignés au bord de la scène et les trois comparses touchent le public. La performance est féerique. Portée par un brillant nouvel album sans oublier les tubes de Away From the Sea, le rémois se redécouvre dans ce nouveau jeux de scène et semble s’étonner lui-même d'entendre sa voix omniprésente sur « Miracle » et « Dead or Alive ». Magnifique soirée pour lancer une tournée qui s'annonce sous les meilleurs auspices.

lundi 14 février 2011

Hotel Shampoo : pop pour le moral




Producteur : Andy Votel

Editeur : Ovni Records

Note de l’album : 4/5

Commentaires : Alors que la Grande-Bretagne semble s'enfoncer chaque jour un peu plus dans des méandres qu'elle avait quittés il y a des décennies, voici que se mettent à raisonner à travers Albion des ondes positives venues du Pays de Galles.
A l'opposé de la pop tourmentée de ses cousins anglais, Gruff Rhys offre avec Hotel Shampoo un condensé de bonheur.
En cherchant à deviner les inspirations du gallois, on pourra retrouver les rythmes entrainants et la voix nonchalante des grands Blur, le songwriting léger et positif de Badly Drawn Boy et la capacité à laisser chaque instrument briller de tout son éclat d'un illustre groupe liverpuldien.
Un très agréable moment.

jeudi 27 janvier 2011

Star of Love : la furieuse cacophonie des CRYSTAL FIGHTERS



Producteurs : CRYSTAL FIGHTERS

Editeur : ZIRKULO

Note de l’album : 4/5

Commentaires : Star of Love est le résultat d'une recette originale, ambitieuse et franchement casse-gueule.
Prenez des sonorités basques saupoudrées de voix suaves.
Ajoutez sur ce socle, très rangé, un synthé massif et des arrangements sans concession.
Vous obtiendrez un très bon album qui passe de balades quasi-acoustiques (« Champion Sound ») à des délires électro (« I Love London », « I Do This Everyday », « Solar System ») en passant des titres électro-pop plaisants même si parfois trop stéréotypés (« Xstatic Truth », « Plage »).
Le summum de cette joyeuse et dépaysante cacophonie étant atteint lorsque pop, électro et balade se fondent dans les titres « In The Summer », « Swallow » et « Follow » !

mardi 19 octobre 2010

Souffle de vie sur la minimale


Producteurs : SUPERPITCHER

Editeur : KOMPAKT

Note de l’album : 4/5

Commentaires : En délirant totalement – ce que nous invite à faire Kilimanjaro – on en arriverait à se demander si SUPERPITCHER n’est pas le Gepetto de la minimale. A l’instar du menuisier qui donnait vie à ses marionnettes, l’artiste allemand humanise cette famille austère et peu accessible de l’électro.
Dans la lignée directe du dernier mix de MICHAEL MAYER (Immer 3), l’atmosphère est douce, rythmée, légère et très agréable. Ces sensations sont obtenues par l’ajout de sons acoustiques (basse, guitare…) et de voix dynamiques sur la base minimale « pure ».
La grande qualité de l’album est de ne jamais se montrer redondant. On varie les ambiances sans pour autant perdre l’identité et la cohésion de l’ensemble.
On voyage entre les morceaux très atmosphériques (« Moon Fever »), les titres plus « club » (« Country Boy », « Black Music »), ceux teintés de pop (« Give Me My Heart Back ») et les pistes imprégnées de « World Music » (« Who Stole The Sun »).
Kilimanjaro est une vraie réussite et une clé d’entrée superbe pour les néophytes intrigués par le genre.

lundi 18 octobre 2010

L’envolée réussie de THE HUNDRED IN THE HANDS


Producteurs : Richard X et Éric Broucek

Editeur : WARP

Note de l’album : 4/5

Commentaires : L’année 2009 avait été marquée par l'émergence d’une scène éléctro-pop féminine extraordinaire (TELEPATHE, LA ROUX, THE ASTEROÏDE GALAXY TOUR…).
En 2010, c’est – comme souvent ces derniers mois - le label WARP qui s’y colle en dénichant THE HUNDRED IN THE HANDS.
Confié à la production experte de Richard X (GOLDFRAPP, TIGA) et d’Eric Broucek (!!!, LCD SOUNDSYSTEM), le duo new-yorkais propose un album harmonieux et envoûtant. Les cordes de Jason Friedman - guitare ou basse selon les morceaux – posent des rythmes simples et entraînants. La voix délicieusement sensuelle d’Eleanore Everdell charme. Le synthé complète l’ensemble avec justesse.
Parfait album d’introduction. On devine à l’écoute des morceaux les plus instrumentaux (« Pigeons », « Commotion », « Last City ») que le groupe se bonifiera en se laissant emporter vers ses penchants rock.

mercredi 8 septembre 2010

ADAM KESHER : Challenging Nature


Producteur : Dave One & Adam Kesher

Editeur : Disque Primeur

Note de l’album : 4/5

Commentaires : Les Inrocks ont attribué le qualificatif « atomique » à Challenging Nature, nouvel album d’Adam Kesher.
Le rythme des 10 titres, tous marqués par des progressions conclues dans l’explosion de refrains jouissifs donne raison à l’hebdomadaire.
Cependant, en décryptant l’opus, un autre adjectif s’impose de lui-même : chimique !
Les bordelais nous propose un son neuf, mature et original obtenu… par un mariage de références omniprésentes mais trop variées pour être envahissantes.

Premier ingrédient : les années 80.
Des morceaux (« Hundred Year Later », « Knock Myself Out », « Armed Hands ») basés sur un triptyque composé de lignes de basses structurantes, de synthé débridé et d’une voix passant du suave sur les complets au haut et dynamique sur les refrains.

Deuxième inspiration : le punk.
Les Clash sont là ! On les devine parfois (« Hundred Years Later »), on les distingue clairement à d’autre moment (« Gravy Train »). Cette touche « pure » permet à l’ensemble de ne pas être emporté dans la légèreté des 80’s.

Troisième source : l’électro-rock français et le rock indépendant britannique.
Passant - avec bonheur - des sons de Minitel Rose (« Hour Of The Wolf ») à ceux de Delphic (le fabuleux « Kiss Me Kinski »), Adam Kesher prend le meilleur de la scène contemporaine.

Le groupe a trouvé la formule pour créer un album doté d’une réelle personnalité en mélangeant des ingrédients connus de tous. 36 minutes pour faire la synthèse de 30 années de musique électronique.

mercredi 9 juin 2010

FOALS : Total Life Forever


Producteur : Luke Smith

Editeur : Warner Bros

Note de l’album : 5/5

Commentaires : Un travail d’orfèvre. Toujours ambitieuse, extraordinairement fine, l’écriture des FOALS éblouit par ses progressions aussi délicieuses que complexes.
Teinté d’une profonde mélancolie Total Life Forever se révèle habité d’une extrême sensualité portée par une production hors normes.
La signature du groupe britannique est sa capacité à atteindre, à la fin de chaque titre, une apothéose après des cheminements insoupçonnables et des changements de rythme euphorisants car imprévisibles.
« Blue Blood » est une mise en place idéale, « Miami » et « The Orient » dégagent une puissance et une profondeur soulignées par un rythme soutenu, « Alabaster » est un songe et « Black Gold » le sommet absolu, brillant et enchanté de ce merveilleux album.